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Rome, la ville éternelle vue par un oeil averti et lyrique...

 

 

Rome est une grande ville comme toute les capitales, bruyante, touristique, suffocante par moment, mais c’est avant tout une ville italienne insolente de beauté et qui se fout pas mal du monde moderne ; consciente de son charme et de ses richesses elle se laissera explorée, arpentée, et vous confiera tous ses trésors pour peu que vous soyez celle ou celui qui le nez au vent et le coeur au bord des yeux  accepte de la découvrir.

Tout ce que vous pourrez y voir de plus beau en sculpture, peinture et architecture revient à trois artistes majeurs qui sont le Bernin, le Caravage, et bien sûr Michelangelo.

Il est impossible de citer toutes les œuvres de ces artistes réunies à Rome, les unes plus belles que les autres, aussi j’en ai choisi deux ou trois de chacun pour se donner l’envie, pour aiguiser ses sens, pour essayer de percevoir quelques secondes peut-être la beauté du monde.

 Il faut marcher et marcher encore et laisser votre intuition faire le reste, les églises ne sont pas toujours très belles de l’extérieur mais pousser la porte…

L’église de Santa Maria della Vittoria est de celles-là : elle renferme une sculpture du Bernin,  une des plus belles et des plus envolée qui existe,  

L’extase de Ste Thérèse, à peine entré le regard circule dans la demi pénombre et s’arrête soudain, là au fond sur la gauche, elle est saisissante, d’une blancheur éclatante, d’une beauté à faire frémir, d’une insoutenable langueur.

L’abandon est total et offert à tous les regards, j’aimerais rester là à la contempler des heures entières….

 L’ange qui la regarde, ou plutôt qui la couve du regard est dans le secret et son sourire est irrésistible.

 Une autre sculpture toujours du Bernin a ma préférence, remarquable par la maîtrise de l’artiste, d’une beauté inouïe : Apollon et Daphné qui se trouve à la villa Borghese

 Œuvre d’une rare finesse qui nous entraîne dans son mouvement. C’est une œuvre parfaite, fascinante, il faut la voir car même si la photo est belle, elle ne rend pas cet instant d’envol qui immortalise Daphné en train de se transformer.

Apollon court après Daphné et c’est quand il est sur le point de la saisir, qu’il la sent déjà dans ses bras qu’elle lui échappe ; elle appelle son père, dieu de la forêt qui va la transformer en arbre ; et là sous nos yeux agrandis l’incroyable survient, les cheveux déjà se changent en rameaux, de l’extrémité des doigts et des orteils poussent de fins filaments qui vont devenir des tiges. Le corps de Daphné est en train de devenir écorce….

Ce marbre est complètement aérien, il est comme un sortilège sorti d’une boîte mystérieuse ou comme un songe qui va m’habiter pour de longues années.

 En peinture, c’est le Caravage incontestablement, ses oeuvres sont partout dans la ville, les musées, les églises, trois d’entres elles se trouvent au Palazzo Barberini, l’endroit est magnifique, on y accède par un très bel escalier à vis

 Les œuvres sont nombreuses, comme : l’annonciation de Filippo Lippi, une Marie Madeleine merveilleusement parée, avec une palette de couleur exceptionnelle de Piero de Cosimo, bien sûr la Fornarina de Raphael, mais surtout les « Caravage » : «Narcisse, Saint François et Judith et Holopherne »

 La peinture de cet artiste est exceptionnelle, tous les drames s’y jouent avec un réalisme terrible.

 Sa peinture est violente, puissante, et ne souffre aucune comparaison dans l’impulsion émotionnelle ; il m’a captivée je dirais même subjuguée tant la tension est parfois à son plus haut degré, les personnages sont la plupart du temps dans l’action, sans fard sans magnificence, ils sont humains mais toujours inspirés et déjà dans une autre dimension ; la lumière aussi est particulière majorant souvent l’action dramatique accentuée par des couleurs d’ensemble en général sombres.

Force et beauté caractérisent sa peinture, et je serais chaque fois en admiration devant ses œuvres, comme attirée et aimantée irrésistiblement.

 Pour ne citer que « Judith et Holopherne » celui du Caravage est unique, le seul qui soit dans l’action pleine et entière, il montre la violence de la scène et la terrible tension que vivent les personnages ; tous les autres tableaux sur le même sujet semblent fades et sans intérêt….

 Pour découvrir Michel-Ange, le meilleur endroit est le Vatican avec la chapelle Sixtine, lieu de toute les convoitises et qui ne tolère qu’une position : la tête penchée en arrière, les yeux tendus vers ce plafond qui fait rêver. Tout est là,  la création du soleil et de la lune, la création de l’homme, le péché originel et les si merveilleuses Sibylles.

 Voilà un petit tour de fait mais il y a tant d’autres choses à voir,  sentir l’air en se promenant, regarder se coucher le soleil, la lumière est belle dans la ville éternelle, contempler les beaux pins parasols dont cette ville est si fière et qui lui donne cet incomparable charme romantique, grimper à l’assaut du Colisée, se faire photographier à la fontaine de Trevi, aller traîner sur les bords du Trastevere, et boire du vin blanc.

Christine Laporte. (83)